Avoir un problème de « riches »

– Vous avez un problème de riches ! s’esclaffa mon responsable il y a de cela une quinzaine de jours.

Je remets les choses dans leur contexte. Il y a de cela deux semaines, je me suis vue proposer un nouveau poste au sein de ma société, complètement inconnu, auquel je n’avais jamais pensé, et qui demandait des compétences que je n’avais pas forcément mais surtout qui me faisait quitter un poste que je connaissais sur le bout des doigts, avec des collègues super sympas. Un peu déboussolée par la proposition, j’ai eu besoin d’un peu d’aide extérieure pour faire mon choix.

L’appel au responsable 

Je suis allée voir mon responsable direct, directeur financier de la société, qui s’est gentiment moqué de moi en me disant que j’avais déjà un travail, mais qu’on m’en proposait un autre sûrement plus adapté à mon profil et à leurs frais, alors où était le problème?

Forcément, je ne l’ai pas du tout vu comme cela aux premiers abords. Car cette réflexion sur le problème de « riches » m’avait un peu offensée. Je n’avais pas à faire un choix entre une Porsche et une Lamborghini, ou encore entre un sac Chanel et un sac Gucci: ça se sont des problèmes de riches plutôt, non? Il avait forcément aucune idée du parcours du combattant que j’avais eu au niveau financier et sans le vouloir, m’a fait me sentir coupable sur mon questionnement.

Son argumentaire ensuite ne m’a pas du tout aidé car il était tourné autour de l’argent et non pas sur mes compétences ou de mon évolution personnelle sur ce poste. En même temps, que pouvais-je attendre d’un directeur financier, qui a pour unique but de faire rentrer la monnaie et de distribuer des bonus (texto). Il me rappelle donc que je suis juste une productrice de plus-value, et que mon potentiel de productivité est grand. Cela me faisait rêver, comme vous pouvez l’imaginer…

Le 50/50

Le choix devant se faire très rapidement, j’ai donc fait la fameuse liste des Pour/Contre. A l’ancienne, le soir où j’ai eu la proposition, j’ai pris une feuille et un stylo et fait deux colonnes. Après quelques minutes et de multiples relectures, la liste des Pour était plus importante que la liste des Contre, mais rien à faire, je n’étais toujours pas convaincue. Quelque chose me bloquait dans la décision à prendre.

L’appel à un ami

L’ami en question me connaît depuis quelques années maintenant, a connu mes problématiques liées au travail ainsi que mes ambitions futures. Il m’a posé les deux questions suivantes : « Comment tu te sens ? » et « Qu’est-ce que cette nouvelle position va pouvoir t’apporter ? ».

Simple et efficace. Il fallait juste que je réfléchisse à l’avenir, chose importante pour avancer, mais aussi à mes émotions, car j’ai tendance à les écouter.

Une fois les réponses trouvées et formulées à voix haute, je me suis sentie comme libérée. Ce poste j’allais donc le prendre.

Si cet ami me lit, je l’en remercie encore aujourd’hui.

L’appel de l’argent

J’ai la chance d’être une privilégiée aujourd’hui, car je n’attends plus mon salaire tous les mois pour les boucler, ou que je vais faire les courses sans trop m’inquiéter. Mais je sais pertinemment que du jour au lendemain, cette situation peut changer, pour avoir été de l’autre côté pendant de nombreuses années. Suis-je pour autant devenue riche ? J’ai clairement acquis une tranquillité d’esprit, mais cela me fait poser des questions sur la valeur réelle de l’argent.

L’argent fait-il la richesse d’une personne ? A partir de quel moment, certains d’entre nous arrêtent d’aller le chercher à n’importe quel prix ?

Je pense que c’est à partir du moment où, financièrement, on se sent en sécurité et que nos besoins de base sont comblés. Nos besoins personnels et les besoins de sa propre famille si nous devons la soutenir. Je parle d’avoir un toit sur la tête, de la nourriture dans le frigo, des vêtements à porter, des médicaments en cas de maladie, d’un moyen de transport fiable ect.

Une fois ces conditions remplies, jusqu’à quel point a-t-on besoin d’argent ? Procure-t-il la véritable paix intérieure ? Il y contribue sans aucun doute, mais il n’est nullement une fin en soi.

La richesse c’est de pouvoir se sentir bien et dans le cas contraire savoir ce qui va nous faire nous sentir mieux. La richesse c’est être entouré de personnes qu’on aime et qui nous aime en retour. La richesse c’est faire de sa vie ce que l’on souhaite au plus profondément de soi, réaliser des rêves qui ne sont pas forcément matériels et qui nous remplissent de joie.

Avoir un travail, un bon salaire, un bon train de vie ne nous empêche pas de nous questionner sur la prochaine étape, car sinon c’est l’ennui assuré. Les problèmes évoluent en fonction de la vie que l’on mène et des étapes que l’on franchit. Et oui, j’ai eu un problème lié à un changement de travail, mais ce n’est pas pour autant que l’on peut le qualifier péjorativement de « problème de riches ».

Qu’en pensez-vous ?

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