La maladie et nos proches

La maladie et l’amour sont deux états que nous ne pouvons en aucun cas contrôler. On ne peut choisir d’une manière logique et rationnelle les gens qu’on aime, comme on ne peut lutter contre l’arrivée de la maladie sur notre corps. Tant qu’il ne nous est personnellement rien arrivé, on se croit comme invincible.

Quand je parle de maladie, je parle de celle qui peut être mortelle bien sûr, cancers et autres tumeurs du genre. Et si par malheur vous devez faire face au combo perdant : une personne que vous aimez est malade, alors vous allez devoir faire face à de longues nuits, de longues semaines, de longs mois devant vous.

Nous réagissons tous différemment à ces choses incontrôlables qui nous arrivent, et je pense qu’un petit code de conduite ou un petit guide des réactions à avoir serait pratique pour faire face à notre impuissance face à ces événements douloureux de la vie. Mais si l’un ou l’autre existait cela se saurait, et la vie serait alors beaucoup moins challenging.

Réagir face à la nouvelle

En fonction du degré de parenté ou même tout simplement du lien émotionnel qui vous lie à la personne qui vous annonce qu’elle est malade vous allez réagir sans filtres. Personnellement pour l’avoir vécu à plusieurs reprises, une fois la nouvelle annoncée, que ce soit en face à face, par téléphone ou par messages (et ce dernier choix, est le pire des trois), je deviens comme paralysée, pour laisser place ensuite à un mutisme et à des larmes qui ne veulent plus arrêter de couler. D’autres, peut être vous-mêmes, ou des personnes de votre entourage se mettront en colère, voudront des explications rationnelles, iront chercher un responsable (le médecin, les parents, le mari…), se renfermeront dans un silence profond ect. Mais peu importe la manière dont on réagit, ce genre de nouvelle nous met tout simplement en face de notre impuissance et nous pouvons mettre du temps à accepter la situation.

La réaction de la personne malade

Là aussi il y a différentes réactions. Remettons les choses à leur place, le malade est celui qui subit la maladie, celui qui a peur, celui qui se monte des scénarios catastrophes pour sa vie et celle de ses proches. Il n’en sait pas plus que vous, à part ce que les médecins peuvent lui dire et prescrire. On ne peut juger tant que soi-même on ne l’a pas vécu. C’est lui qui a donc le pouvoir de décider comment il va vivre avec elle car il est seul face à son état. Il décidera alors d’en parler ou pas à ses proches, de vous mettre à l’écart ou de vous inclure dans sa vie pour l’affronter ou non. Lorsqu’on est enfant, les adultes ne nous disent pas tout afin de nous « protéger ». Chose sur laquelle je me suis toujours rebellée, car l’argument de la protection me semble injuste une fois devenu adulte. A 19 ans, donc à priori, déjà adulte, en passant un simple coup de fil chez mes grands-parents, j’apprends que mon grand-père est à l’hôpital depuis des semaines pour un cancer dit « foudroyant ». Quelques jours plus tard, il décède et je n’ai pas eu le temps de lui dire quoi que soit avant son départ. Ma grand-mère m’a ensuite expliqué, qu’il ne voulait pas m’affoler, que j’avais trop de choses à faire pour m’inquiéter. Arguments que j’ai bien sûr rejetés, car tout ce que je voulais et qui me semblait normal et justifié, c’était de savoir, pour être préparé et passer du temps avec cet homme que j’aimais tellement. Mais il était déjà trop tard, et en plus de faire face à la tristesse, je devais faire face à la frustration de ne pas avoir su plus tôt. Communiquer est la clé, peu importe la gravité de la situation, au moins, l’autre est au courant.

Affronter ou fuir

Affronter ou fuir la maladie. Que l’on soit enfant, mari, femme, partenaire, parents, nous décidons d’être présent pour soutenir la personne malade ou de partir car on ne supporte pas l’éventuelle perte d’un être cher. Sans vouloir faire de la psychologie de bas étage, cette décision sera le reflet de notre personne profonde : l’égoïsme à l’état pur, ou l’amour de l’autre plus grand que n’importe quelle difficulté que la vie est susceptible de nous apporter. Dans les deux cas, la douleur est immense ainsi que le sentiment d’injustice. Affronter c’est assumer, fuir se sera pour ensuite, regretter.

Alors pas de solutions miracles, ni de petit guide pour vivre et survivre à ces maladies dont on ne sait parfois même pas l’origine. Tout ce que l’on peut alors faire c’est d’agir par instinct, peu importe ce que votre proche vous dira, car même si c’est lui qui subit la maladie, il ne peut en aucun cas décider à votre place de la marche à suivre auprès de lui.

 

3 commentaires sur “La maladie et nos proches

  1. Je suis tout à fait d’accord sur l’importance de la communication. J’ai également souffert d’avoir été si peu informée quand mon grand père paternel est décédé d’Alzheimer. J’étais en classe de seconde, on a voulu me protéger en ne me dévoilant pas l’ampleur de la gravité de sa maladie. Au moins je savais qu’il était malade mais c’est une piètre consolation. Il est parti et je n’ai pas eu l’occasion de m’interroger sur l’opportunité de lui rendre plus de visites. Peut-être n’aurais je pas été prête à le voir dans cet état avancé de la maladie mais au moins, en m’éclairant, j’aurai pu avoir le choix d’y aller ou non en toute connaissance de cause.

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  2. Il y a beaucoup de similitudes entre le cheminement psychologique que l’on fait lorsqu’on est en deuil et le cheminement psychologique lorsqu’on apprend qu’on est atteint d’une maladie grave. Les personnes constituant l’entourage du malade peuvent également passer par ces émotions : d’où les réactions que vous décrivez comme parfois inadaptées

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