L’âge du consentement sexuel, on en parle?

« Attention, ma fille que vous regardez n’a que 12 ans !» avertit la maman à l’homme au regard lubrique à deux serviettes derrière moi à la piscine. Gêné, l’homme en question détourne de suite le regard et se remet dans son magazine.

Scène qui a forcément capté mon attention. L’homme, la quarantaine bien tassée, et la petite entrain de jouer avec son frère dans la barbortoire.

Donc peut être que le sujet n’est plus dans l’actu de ces dernières semaines, mais pour rappel, il y a quelques mois, le gouvernement français et les français ont débattu et voté une nouvelle loi contre les violences sexuelles et sexistes.

L’agression sexuelle d’une mineure de 11 ans par un adulte de 28 ans avait permis à l’époque de créer le débat. L’adulte en question avait pensé que la fillette de 11 ans, par le seul fait de l’avoir suivi sans essayer de se défendre, consentait à avoir un rapport sexuel avec lui…Le seul fait que la situation fasse débat m’inquiète en fait. Il est clair que le consentement de la petite, n’était pas éclairé, non ? Ou alors je vis loin de la réalité actuelle.

Les lois se créent et évoluent avec nous. Elles accompagnent l’évolution des mœurs, ou du moins essayent de les mettre par écrit pour instaurer des limites et des libertés quand des problèmes ou des cas se répètent. Mais concernant le consentement sexuel, les mœurs et les enfants ont-ils autant changé depuis ces 15 dernières années ? Pourquoi l’âge de 13 ans a pu être pensé comme âge de consentement à un rapport sexuel ?

Qui se souvient de ses 11-12-13 ans ? Étions-nous éclairés par ce qu’était une relation sexuelle, avec un adulte, ce que cela impliquait physiquement et mentalement ? Pour rappel, à cet âge-là on est en dernière année de primaire ou première année de collège, en 6ème.

Ce dont moi je me souviens concernant le sexe opposé c’était plutôt les essais des premiers baisers et concernant les filles, l’arrivée des premières règles. Pas de questions sur comment on fait une fellation ou par où l’homme est censé nous pénétrer et pourquoi le fait-il. Des jeux simples entre garçons et filles sans attouchements ou envie de découverte du corps de l’autre et plus précisément de ce qui se passait entre nos jambes. Ces jeux-là arrivent naturellement plus tard. Mais c’est justement la période pré-adolescente où les corps commencent à se transformer et que la véritable séparation entre les filles et les garçons apparaît. Doit-on lier le consentement sexuel donc à cet âge-là, filles et garçons confondus bien sûr ?

La manière de consentir en elle-même pose déjà problème. Le consentement c’est la décision de ne pas s’opposer à un projet. L’expression « Qui ne dit mot, consent » est d’autant plus fausse. On peut tout simplement se taire car on peut avoir peur, ne pas savoir, ou simplement ne pas savoir quoi dire. C’est aussi lié à nos personnalités, certains communiqueront par des mots, d’autres resteront dans leurs mutisme et encore d’autres réagiront physiquement.

En qui l’enfant ou l’adolescent se réfère-t-il pour n’importe quelle décision ? A l’adulte. L’adulte lui donne-t-il le choix dès son plus jeune âge ou laisse-le-t-il prendre des décisions par lui-même dès qu’il est en âge de marcher et de parler ? Et là je ne pense pas seulement aux parents ou à la famille, mais à l’adulte en général. L’enfant voit l’adulte présent pour le protéger, le guider et faire de son mieux pour qu’il aille bien. Il a confiance en l’adulte. L’adulte est le référent et il lui obéit. Par exemple, dans les pays où le mariage des filles mineures est encore légal, est-ce une décision de l’adulte ou de l’enfant ? L’enfant veut-il de son propre gré se marier avec un homme du plus du double ou du triple de son âge ? Je ne pense pas. En revanche la fillette le fait, car ses parents décident encore pour elle et qu’elle a confiance en eux car ils agissent pour son bien.

Le consentement sexuel, tout comme le mariage devrait être un choix éclairé, et il ne peut l’être qu’avec une certaine émancipation de l’enfant, de l’adolescent par rapport à l’adulte. Il ne peut être éclairé qu’avec l’âge et l’éducation. A 13 ans, je suis désolée, mais on n’a pas assez d’éducation sexuelle, de maturité et de recul par rapport aux adultes pour savoir ce que le rapport sexuel implique. Pourquoi d’ailleurs les films pornographiques sont-ils interdits aux moins de 18 ans voir même  au moins de 16 ans ? Car on a estimé que c’est après ces âges-là, que les images projetées pouvaient être vues et comprises.

La question est compliquée, car l’âge n’est pas non plus une question de maturité, mais une limite doit être fixée pour protéger ces enfants-adolescents qui se font embarquer dans des relations qui ne concernent que les adultes et punir ces adultes qui profitent de leurs emprises sur des enfants-adolescents. Même si 15 ans peut sembler encore jeune, cela me semble beaucoup plus réaliste que 13 ans, non?

Chers lecteurs, qu’en pensez vous?

 

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