30 ans, le nouveau 20 ans?

Cette année j’ai fêté ma trentième année. Comme beaucoup de ma génération j’ai voulu marquer le coup. Coup d’ailleurs très réussi et ce passage s’est accompagné d’une grande sérénité et de beaucoup de joie et d’amour. Beaucoup m’ont dit : « T’inquiètes pas, les 30 ans c’est les nouveaux 20 ans !». Et en fait, je ne vois pas trop de quoi je dois m’inquiéter et en y réfléchissant un peu, 30 ans c’est peut être juste MIEUX que 20 ans ?

L’entourage

A 20 ans on a 50 amis. A 30 ans on en a 5 ou un peu plus. Mais pas beaucoup plus. Je parle des amis qui vivent autour de nous, pas ceux qui sont expatriés à 10 000 km et avec qui on se Skype (ou plutôt maintenant Whatsapp) une fois tous les trois voir tous les six mois. Eux sont aussi des amis bien sûr, mais ils ne sont pas dans notre quotidien.

A 20 ans, si on a eu la chance de faire des études et notamment à l’université, on est juste entouré par des dizaines de personnes avec qui l’on fait des milliers de soirées, d’apéros et de sorties. On pense à tort plus au quantitatif qu’au qualitatif. On est plus à vouloir se bourrer la gueule en boîte de nuit avec 20 personnes que l’on connaît à peine, que de se faire un repas à la maison avec une bonne bouteille de vin avec deux ou trois personnes qui nous connaissent par cœur…

A 30 ans on choisit. On fait le ménage. On se débarrasse des personnes qui nous sont toxiques, car on sait maintenant, ce qui nous fait du bien ou du mal.  Et si on a de la chance dans ces 5 amis, il nous reste quelqu’un de cette époque, qui nous a connu quand on en avait 20.

Le travail

A 30 ans on a fait au moins deux différentes sociétés avec des expériences de plus de 1 an chacune et des petits jobs. On est donc dans notre troisième vraie position. On ne se permet donc plus de croire au pays des Bisounours. On connait le système bureaucratique, on paye des impôts, et on ne se fait plus d’illusions sur les systèmes hiérarchiques des entreprises. On ne participe plus, ou moins, aux potins et on se donne dans notre boulot, mais on a appris à ne plus se brûler les ailes.

A 20 ans, on ne connaît rien. On croit pouvoir changer les choses quand on arrive dans une entreprise en deux temps trois mouvements. On se donne sans limites en espérant que c’est ainsi que l’on aura de la reconnaissance, une augmentation de salaire, une promotion. On découvre, on se trompe, on nous trahit, bref, on apprend.

A 30 ans, si on ne sait pas ce que l’on veut, au moins on sait ce que l’on ne veut pas ou plus, et cela donne justement une plus-value à notre activité (ou souhait) professionnelle.

Les relations amoureuses

A 20 ans on est encore dans l’expérimentation amoureuse. On n’a aucun recul, on passe notre temps à demander l’avis aux autres pour telle ou telle hypothétique relation, et on se compare sans cesse. On rencontre énormément de monde tout le temps, en cours, au travail, au sport, en soirées, en ERASMUS ect. Cela peut être un défilé, comme cela peut être la période où commence une première véritable relation.

L’un comme l’autre, à 30 ans on rencontre moins de personnes que 10 ans auparavant et on ne raconte plus sa vie à tout le monde. Mais on est tombé amoureux une VRAIE fois. Célibataire ou en couple, à 30 ans, on a connu l’amour et la rupture. On a obtenu les 10 dernières années, l’expérience de l’autre, de soi-même, de ce que l’on veut ou de ce que l’on ne veut plus dans ce domaine là également. On est juste plus serein dans notre quête ou notre vie amoureuse.

Le rapport au temps (et donc à la vie)

A 20 ans, on ne pense pas à la mort. Pas que l’on se croit invincible, mais on n’y pense pas. Trop occupé à se trouver une voie professionnelle, à se faire de nouveaux amis, à remplir son compte en banque pour pouvoir manger en fin de mois, à vouloir plaire à tel ou tel mec ou telle nana.

A 30 ans, bien sûr, on garde une partie de ces mêmes préoccupations mais à un autre niveau. En revanche on a eu au moins un décès d’un proche, que cela soit de la famille ou un(e) ami(e). On commence alors à réaliser que le temps nous est compté. Que ces proches partis que l’on aimait, sont partis soit trop tôt ou que l’on n’a pas passé suffisamment de temps avec eux. On apprend juste la valeur d’une vie, et surtout de la valeur que l’on veut donner à la nôtre.

Alors oui, à 30 ans, je ne suis pas là où je m’imaginais quand j’en avais 20. Mais qui l’est vraiment ? Car au final les plans changent toujours en cours de route…

Alors non, avoir 30 ans ce n’est pas en avoir 20. Et ce n’est pas mieux non plus. C’est juste différent. L’expérience nous bonifie comme le temps le fait avec le vin, si on arrive bien sûr à s’en sortir sans trop de blessures, de rancœurs, de tristesse et d’angoisses. Car une chose est sûre, le temps passera quoi qu’il arrive et il ne tient qu’à nous de tirer le meilleur parti de chaque période de nos vies.

Et vous, où en êtes vous?

3 commentaires sur “30 ans, le nouveau 20 ans?

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