Le mondial de foot e(s)t la fête du slip

Lundi midi, lendemain de la victoire des Français au mondial de foot, j’ai eu la chance de devoir déjeuner avec mon équipe de collaborateurs pour l’accueil de notre nouveau stagiaire. L’autre assistante étant malade, je me suis retrouvée autour d’une tablée très majoritairement masculine et suisse.

Forcément, la conversation a dévié sur la victoire des Bleus de la veille. Outre les réflexions anti-françaises, l’un des collaborateurs a commencé à parler du fait que le Qatar soit la destination d’accueil pour la prochaine coupe du monde :

– C’est vraiment une aberration que le mondial se déroulera dans ce pays, où il n’y a pas de culture du foot, où l’équipe nationale n’est pas connue mondialement et en plus, pays musulman donc il n’y aura pas de filles non plus.

Pas de filles, non plus.

A ces derniers mots, j’ai faillit recracher mon verre. A part les redire à haute voix avec un sourire plus que jaune, je n’ai pas voulu relancer la conversation, après tout celui-là faisait partie de mes responsables. A part en rire mes autres collègues masculins n’ont pas relevé le dernier argument, même si l’un d’eux m’a quand même fait un regard gêné.

Les filles sont donc un critère important pour les évènements sportifs internationaux masculins. Et d’après les échos de la presse et des réseaux sociaux de cette semaine, notamment en cas de victoire.

Après tout, il faut bien occuper les supporters (et les joueurs ?) après un bon match, une bonne course ou encore une bonne beuverie, non ? Les femmes servent à ça, non ?

Le choix du Qatar serait-il donc pas un choix judicieux pour faire changer les habitudes des supporters ou même des joueurs ? Bien, que la prostitution existe là-bas aussi, il ne faut pas se leurrer, elle n’est pas aussi visible c’est tout.

foot

Notre rôle de femme redeviendrait-il seulement celui de l’objet dans ces évènements sportifs hautement masculins ?

Pendant le mondial il était question de gros plans sur les supportrices les plus sexy dans les tribunes, alors que les hommes eux, étaient filmés peu importe leur apparence physique. Il n’y aurait donc que les femmes dites sexy,  qui seraient supportrices de foot ?

supportrice

Lien vers Madmoizelle – Football-Sexisme

Dès le lendemain de la victoire des Bleus, les réseaux sociaux ont été innondé de témoignages de femmes ayant subi des attouchements sexuels ou allant même jusqu’à l’agression. Qu’est ce qui n’est pas assez clair, encore, dans la notion de « consentement » ? Le sentiment de victoire ou de bonheur passe-t-elle forcément par le sexe ? Certes, activité très agréable mais d’autant plus quand elle est consentie de la part des deux partis ? Chaque homme ayant touché des fesses, des seins, des sexes sans autorisation ou en ayant abusé ont tous une mère, ou une sœur, ou une cousine. Ne s’imaginent-ils jamais que cela pourrait être l’une d’elle ? Ou c’est juste faire valoir sa toute-puissance envers le sexe dit anciennnent faible ? Il n’y aurait pas d’autres moyens de célébrer la joie, la fierté et le vivre ensemble?

Ces comportements révèlent des problèmes de frustration, d’éducation, d’enfances nourries au porno et la liste est longue mais aucune excuse n’est valable. Ces individus ne sont pas majoritaires (enfin, je l’espère), mais comment renverser la tendance ?

Une femme en France se fait violer toutes les 9 minutes. La France est un pays où l’éducation est à un haut niveau, alors pourquoi en somme nous arrivés là ?  Est ce la cas aussi chez nos voisins européens?

Vidéo – Tout le monde s’en fou : La culture du viol

La pornographie s’est développée à outrance, accessible dès le plus jeune âge et ce n’est plus dans les cours des collèges qu’on s’échange des vidéos mais bien dès le primaire. Comment des gamins d’à peine 10 ans peuvent-ils comprendre les images qu’ils voient et pourquoi sont-ils devenus aussi curieux à cet âge-là de les voir ? Car la femme est dans 90 % des cas dans le rôle de la dominée et qu’elle aime ça. Vive l’éducation sexuelle!

La prostitution est le plus vieux métier du monde, on ne peut pas lutter. Mais c’est bien connu, qu’il est très agréable de le pratiquer, que les conditions de travail sont optimums. Car en plus de ne pas avoir un rond pour se loger et de se nourrir décemment, la prostitué ne sait jamais sur quel type elle va tomber, sur ce qu’il va lui faire faire ou subir, ou même transmettre s’il refuse la protection. Violence, maladie et possibilité de viol sont les risques pris avec chaque client. Et pourtant, c’est un business plus que lucratif pendant les mondiaux de foot, avec une clientèle le plus souvent éméchée.

Ces évènement sportifs exacerbent ces phénomènes mais les mettent aussi en lumière.

Donc dénoncer, en parler, et surtout se défendre tant que ce genre de comportements existera permettra peut-être pour les futures générations de femmes de se sentir moins objet et plus femme. Longue vie donc à #MeToo et aux autres mouvements qui ont développé la parole libre et invité les femmes à ne plus avoir peur.

Et au fait, si le mondial de foot féminin avait autant d’impact que le mondial masculin, serait-ce pour autant la fête du string ? A méditer.

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