Rentrer à la maison

En cette période estivale nous sommes nombreux à prendre des vacances et à rentrer à la maison.

En tant qu’expatrié, si la maison, se trouve à quelques heures de vols tout au plus, on se permet de le faire au moins une fois par an. Si nous vivons proches de la maison, les vacances ne sont plus une question de « partir », mais de « rester » et de passer simplement du temps  avec ses proches.

Alors qu’est-ce que la maison ? Pourquoi avons-nous ce besoin d’y retourner ?

Dans le cas où on vit dans un pays dans lequel on ne pratique pas notre langue maternelle, et si l’on doit prendre un vol, l’aéroport représente d’abord les prémices de ce retour aux sources. Car souvent les personnes sur le même vol, le personnel navigant, vous parlent sans l’ombre d’une hésitation dans votre langue maternelle / paternelle et déduisent avant même que vous ayez ouvert la bouche que vous êtes l’un des leurs de par votre physique. Vous êtes déjà dans une phase transitoire.

Ensuite, la maison est un large concept. Ce n’est pas seulement quatre murs, un toit et quelques meubles. C’est un endroit familier, on y retrouve souvent d’ailleurs une famille mais pas forcément. C’est un lieu qui nous a vu grandir, et qui change très peu quand onMÖkki y retourne d’année en année. C’est un endroit où nous savons où se trouvent les choses, comme la machine à café, les serviettes de bain ou encore les sacs poubelles. Certaines choses nous appartiennent comme diverses collections commencées étant enfant qui nous attendent toujours dans les mêmes placards pour qu’un jour peut-être on puisse les continuer ou les reprendre. Pas de surprises sur le lieu où dormir (dans des draps qui sentent bon le propre) ou l’heure à laquelle on prend les repas. On revient dans une zone de confort qu’on oublie le reste de l’année.

Si on a la chance d’y retrouver des personnes, on les voit en revanche vieillir. Ce n’est pas forcément nos parents, cela peut être un oncle, une tante, une grand-mère ou tout simplement des amis. Ce qui évolue véritablement, c’est l’âge des personnes qui nous sont chers et ce qui va avec : la perte de mémoire, les difficultés pour se déplacer, la maladie et les même sujets de conversations récurrents. On se rend compte alors que tout n’est pas aussi figé, tout n’est pas aussi rassurant et sécurisant. family-gathering-3068994_960_720Alors les choses quotidiennes qu’on rechignait à faire étant enfant ou adolescent deviennent des choses auxquelles nous prenons plaisir à faire : débarrasser la table, faire la vaisselle, la cuisine, les courses, le ménage. Passé ce stade, notre vie d’adulte nous revient en pleine face. Ces personnes qui s’occupaient si facilement de nous quand nous étions enfants, deviennent les personnes dont nous devons nous occuper à notre tour, nous, devenus adultes. Les rôles s’inversent.

Pour certains d’entre nous, rentrer à la maison peut être une corvée ou une obligation pour différentes raisons. Mais avons-nous déjà pensé que d’avoir une maison, est avant tout un privilège ? Avoir un lieu où retourner, des gens à retrouver n’est pas donné à tout le monde. Ce lien avec le passé est important. Car c’est ce passé qui explique ce que nous sommes aujourd’hui. C’est lui qui nous a construits. Si nous cherchons des réponses à nos comportements, à ce qui a pu nous arriver et comment nous les avons soi adorés, rejetés, digérés ou reniés, c’est vers lui que nous devons nous adresser.

Enfin, sans se limiter à un lieu, le concept de maison peut ne pas être une question de lieu mais de personnes. Maintenant que nous pouvons tous nous éparpiller dans le monde avec une grande facilité, nous nous retrouvons à nous donner rendez-vous pour quelques jours dans des lieux que nous ne connaissons pas forcément. Car la maison, c’est au final et surtout les personnes qui nous font nous sentir nous-même, peu importe où nous nous trouvons ; qui sont aussi présentes dans nos vies quoi qu’il arrive, avec qui il est facile d’être tout simplement.

Le temps passant, on se rend compte que d’aller ou de retourner à la maison est un moment donné un passage obligatoire dans nos vies si on souhaite avancer. Mais que dans l’ordre des choses, nous aussi nous avons la possibilité (et/ou l’envie) de construire cette maison, cet endroit où nos proches aiment se réunir et se retrouver d’année en année. Le plus dur est au final de décider où ce lieu sera.

 

Un commentaire sur “Rentrer à la maison

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s