La prolifération du burn-out

Le burn-out est le terme à la mode pour désigner « l’épuisement professionnel ». C’est un long processus qui se termine souvent par un arrêt de travail. Non, ce n’est pas une dépression, même si cela y ressemble, et oui cela devrait être reconnu par la médecine car c’est devenu, un des mal caché du siècle.

De quoi est-il question ? C’est en lien direct avec le stress au travail et ça se résume à : « Je n’en peux plus ».

Qui cela touche en particulier ? Tous les âges, les sexes et les secteurs d’activité, avec peut être une préférence dans les métiers en rapport direct avec l’humain : les métiers de services, d’assistance à la personne et de la santé.

Mais pourquoi donc ? Car on ne compte plus ses heures passées au travail. On ne dort  ni ne mange plus correctement. On n’a plus assez de jours de congés. Le travail qu’on aimait tant perd complètement de son sens. Notre responsable reste indifférent à notre état. La cadence de travail est difficilement gérable et le stress est quotidien. Les raisons sont donc multiples, communes à toutes les personnes vivant le burn-out auxquelles s’ajoutent bien sûr, les ressentis individuels.

Ma génération a eu la chance d’avoir le choix de faire des études pour lesquelles on a eu un véritable intérêt. Nous avons donc la possibilité de choisir notre métier par passion. Ou du moins nous voulons nous sentir utile dans les tâches liées à notre métier, à effectuer 35 à 42 heures par semaine. Notre travail c’est ce qui nous définit. Quand on rencontre quelqu’un, l’une des premières questions qu’on pose à l’autre c’est « Tu fais quoi dans la vie ?»

Mais attention.

Ce qui est bien avec la passion c’est que nous n’avons pas l’impression de travailler. Ce dont profite au final, les entreprises qui nous emploient, et les responsables qui nous dirigent.

Quand on est jeune et qu’on a la chance de travailler dans un milieu qui nous stimule, on donne tout. On est souvent libre de toute obligation familiale, donc on souhaite se donner les moyens pour réussir. Même si la définition de réussite évoluera au fur et à mesure de notre expérience professionnelle, mais ca, on ne le découvrira qu’avec le temps.

Donc on veut montrer qu’on peut nous faire confiance, que l’on peut compter sur nous à tout moment, et on commence à dire oui à tout. On repousse des limites auxquelles on n’avait même pas pensé.

Les heures sup sont devenues quotidiennes, et on reste souvent connecter à notre travail après en être sorti, grâce à (ou à cause de) nos téléphones ou nos ordinateurs. La limite entre la vie professionnelle et personnelle s’estompe. On ne réserve plus de temps à nos proches ou à des activités autres que le travail. Le salaire n’augmente pas, mais les heures et les responsabilités, elles, augmentent. On attend une reconnaissance qui se fait trop rare ou qui est complètement absente.

Il peut se passer des semaines, des mois et pour les plus résistants, des années avant que certains symptômes n’apparaissent.

Le matin, le réveil sonne et on se demande si c’est vraiment une bonne idée d’aller au travail. On rentre chez soi, et on éclate en sanglots. On devient irritable, râleur, parfois même agressif avec nos collègues, nos proches. On s’isole. On ne prend plus le temps de rien, à part travailler pour les objectifs que l’on nous a fixé de peur de ne pas être à la hauteur, de perdre ce boulot si important.

Souvent c’est le corps qui lâche en premier : malaise, douleurs au dos, migraines ect. Le corps est relié directement à l’esprit, et on ne l’écoute malheureusement pas assez. On l’utilise seulement comme un vulgaire outil. On se sent coupable de notre état, de ne pas savoir évoluer dans le moule que notre entreprise a créé pour nous. On est également dans le déni « Non cela ne m’arrivera pas, cela n’arrive qu’aux autres » «  Les gens en burn-out sont des faibles » et j’en passe. Mais jusqu’au jour où les autres au final, c’est devenu le reflet qu’on voit dans le miroir le matin en se préparant pour aller travailler.

Donc avant d’arriver au point de non-retour, comme l’incapacité de se lever le matin par exemple, réfléchissons à ce qui nous définit vraiment et posons tout de suite des limites.

Est-ce vraiment ce travail ? Cette entreprise ? Est-ce que je veux vraiment sacrifier mon temps et mon énergie dans une entreprise qui est en train de me couper de mes proches, de mes envies et qui ne me dit même pas merci ? Qu’est ce qui m’apporte véritablement de la joie ? Suis-je vraiment entrain de faire ce que je m’imaginais faire quand j’étais à l’école ? Où je me vois dans 10 ans ? 20 ans ?

Car après tout, on travaille pour soi, pas pour les autres. Nous avons tous dans notre entourage quelqu’un qui a vécu ou vit un épuisement professionnel, si ce n’est pas notre cas-même. Ce processus ne se transmet pas, mais il prolifère. On ne le voit pas arriver, ni pour soi, ni pour les autres. Mais une fois-là, il peut être difficile de s’en débarrasser.

Les monde en face – Les mécanismes du burn-out – Documentaire France 5

(Excellent documentaire sur le burn-out)

 

2 commentaires sur “La prolifération du burn-out

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