#BalanceChaquePorc#

Hier H. Weinstein a été inculpé pour viol, mais remis en liberté quand même, sous certaines conditions : caution de 1 million de dollars cash (soit des centimes comparés à sa fortune réelle), le port d’un bracelet électronique et la remise de son passeport aux autorités. J’ai envie de dire, c’est une blague, et je confirme que l’argent fait bien le pouvoir.

Ce scandale a éclaté il y a quelques mois. Ce réalisateur, producteur américain, est accusé de viol, de harcèlement et autres attouchements d’ordre sexuel sur une centaine de femmes.

De cela découle un déchaînement « mondial », enfin, un déchaînement des personnes connectées aux réseaux sociaux, soit grossièrement un peu moins de 50 % de la population mondiale, sur le harcèlement sexuel que subissent les femmes.

Est-ce une surprise ? Non. Est-ce une bonne nouvelle ce soudain intérêt pour cette injustice subite par les femmes depuis la nuit des temps? Oui et non. Oui car, la parole depuis, se délie. Non car, justement, ces situations existent depuis la nuit des temps.

Nous avons toutes été victimes une fois dans notre vie d’un truc, ou même de plusieurs trucs, plus ou moins dégueulasse provenant de l’esprit tordu d’un homme. Nous sommes une femme sur trois subissant un viol dans le monde. Comptez autour de vous, le nombre de copines, de sœurs, de cousines, de collègues, et vous verrez que vos doigts ne suffiront pas pour dénombrer le nombre potentiel de femmes qui s’est fait violer ou pourrait se faire violer. Effrayant.

Mais pourquoi cet engouement soudain ?

Est-ce que les dérives sexuelles, mise à jour en 2017, d’un producteur américain est en somme plus glamour qu’un groupe de soldats violant collectivement une femme retrouvée seule dans une baraque en Syrie, en RDC ou en Birmanie ? Ou encore à un homme qui a décidé que cette femme qui se balade l’a provoqué en mettant une mini-jupe et qui décide de « la punir » en la violant dans le coin d’une rue mal éclairée de Paris? Ou encore ces jeunes qui agressent et violent une femme dans un bus bondé à Casablanca sans que personne ne bouge ?

Apparemment oui, nous sommes plus interpellés par ce monde fictif qu’est Hollywood et le cinéma que ce qui peut se passer à deux rues de chez nous, ou dans le reste du monde hors Etats-Unis. Attention, je ne dis pas que ce qu’il a fait est pardonnable, je dis juste que le temps d’antenne, de rédaction d’articles et autres posts sur les réseaux sociaux est indécent en rapport à d’autres faits plus grave ou du même ordre.

Comprenez-moi, j’ai grandi dans une petite ville de banlieue parisienne, d’apparence tranquille mais où il se passait des choses qui restaient juste « entre nous », les (petites) filles.

On entendait déjà à l’école que le « pervers » rôdait. On parlait à la récréation de cet homme avec un long manteau qui montrait son « zizi » aux enfants à la sortie des classes et qu’il fallait faire attention.

Passée au collège, je me souviens d’un dimanche après-midi où je suis rentrée avec une copine toute seule car les garçons avaient la « flemme » de nous raccompagner et qu’une voiture s’est arrêtée près de nous. Un homme, les cheveux long frisés gris, qui nous demandait son chemin tout en ayant sorti son « engin » qu’il tripotait en nous regardant droit dans les yeux.

Ou encore cette fois où sur le chemin du supermarché, à l’âge de quinze ans, un mec pas plus vieux que mon âge m’aborde en vélo et me dit que je suis « bien faite » et me demande par la même occasion si je savais « bien sucer » car il y avait un buisson pas loin…

Et ce ne sont que trois exemples. Que dire après ça ? Qu’on réfléchit à deux fois avant de s’habiller avant de sortir ? Qu’on réfléchit à deux fois pour prendre tel ou tel chemin la nuit ou même en plein jour ? Que passé une certaine heure on préfère rentrer en taxi plutôt qu’en transports ? Qu’on range ses écouteurs dans son sac « au cas où » on se ferait suivre ? La liste est tout simplement interminable…

La chose commune à ces histoires c’est le silence. Le silence auprès des adultes lorsque nous sommes enfants, auprès de nos proches quand nous sommes devenues adultes. Car souvent nous avons un sentiment de culpabilité, mais pourquoi ?

Alors oui, merci scandale Weinstein pour avoir permis de dénoncer, de mener des actions pour j’espère, changer notre société. Ces évènements doivent surtout servir de déclic et permettre la pérennité des dénonciations, nous sortir de notre silence pour que les choses changent car nous savons que les médias passent aussi vite à autre chose.

Ne balance pas ton porc, mais chaque porc.

Euronews – inculpation Weinstein

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